Révéler la vie et les mots des femmes au-delà des frontières

Écrire ce livre est devenue une nécessité en cette période de changement climatique et d’instabilité mondiale, de guerre pour le contrôle du corps des femmes d’augmentation des féminicides et l’élimination progressive des droits fondamentaux des femmes (dont les minorités) à travers le monde. Cette réalité existe en raison d’un système de contrôle qui va au-delà de la question du droit pénal. A travers nos travaux qui intègrent des écrits, de l’art et notre engagement civique, nous avons exploré transnationalement la précarité de la vie des femmes, ce livre s’inscrit dans la même démarche.

Nous pensons que les images et les mots s’entrecoupent et mettent en lumière l’invisible, le mal écouté ou le jamais écouté. Les photographies de notre artiste plongent dans l’ombre et capturent les notions souvent difficiles à percevoir dans les discours et les silences des femmes. La poésie et les textes écrits par des poéte.sse.s et des écrivain.es de notre organisation mettent en évidence les subtilités des interactions entre groupes dominants et colonisés, et attisent la mémoire culturelle afin que nous puissions donner un sens à notre présent.

Notre livre est conçu comme un patchwork d’expériences transnationales, de luttes et d’analyses qui traitent de la violence à l’encontre les femmes, dont les féminicides. La représentation des êtres humains est synonyme de visibilité et donc d’opportunité d’être entendu et vu. Or, comme le souligne Hannah Arendt, lorsque les gens sont objectivés, ils peuvent être éliminés ; si un être humain n’est pas reconnu par la société, cette personne est un objet et peut être tuée. La conscience ou la responsabilité éthique est donc annihilée.
Notre objectif est de rendre visible la violence invisible contre les femmes. Il s’agit de conférer à la personne ou au groupe une identité et un visage.